C’est bien joli d’ouvrir son ELLE et de dévorer les pages mode et beauté mais ça fait un bout de temps que du haut de nos 22 ans bientôt 33 on a toutes bien compris que la mode des magazines était réservée aux mannequins russes de 15 ans, aux Libanaises en limousines, ou aux anorexiques milliardaires. Ca fait longtemps qu’on roule nos bosses (fort jolies d’ailleurs) et qu’on sait que le sarouel fait incontinente, le jodhpur un gros cul et le pantalon carotte l’air d’une grande fille qui n’a pas échappé à un feu de plancher.

Certes ! On a cédé au leggin, à la liquette en ville, au boléro à sequins ou au manteau en nubuck frangé, mais au prix de notre dignité.

La directrice et les maitresses de l’école St Frusquin se sont bidonnées devant nos interprétations modeuses, les mères de famille en pantacourt aussi, notre com(pte-)joint n’a trouvé pas drôles nos tentatives pour être un peu au-dessus du lot. Quant à nos amies, elle ont bravement admiré le courage et la mise en danger, tout en avouant qu’elles, elles ne pourraient pas.

Les pages coiffures et maquillage, on a pas essayé. Les yeux pourpres flammés pour exploser votre potentiel glam, ou l’iroquoise turquoise ça fait un peu tache à votre séance de Tai Chi. Avec vos ongles noirs pailletés incrustés de mini diamants, on ne va jamais vouloir vous rendre votre enfant, à la crèche. Merde !

Et surtout ce qui est énervant, c’est de se débattre au milieu de tous ces blaireaux qui ne savent pas que c’est joli les plumes dans les cheveux et les shorts en vinyl.

Parfois, quand change la saison et que je retrouve de caisses de fringues qui n’ont été portées qu’une fois, j’ai d’énormes envies de tout mettre en même temps. Je sortirais comme ça, habillée de choses multicolores. Je traverserais hors des passages piétons en agitant mon boa, et je provoquerais des accidents.

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