Ode à ma main (la droite)


Jeudi en revenant du marché je me suis fait cette réflexion ( le marché est pour moi une puissante source d'inspiration).
Ma main lacérée par la anse de ce sale panier qui me scie les phalanges allait quelques minutes plus tard enfourcher mon pinceau et lui faire faire de tels volutes qu'à la fin du mois, des gens sont satisfaits et j'ai plus d'argent sur mon compte qu'au début.

Ma main qui sait palper le moelleux d'un kiwi sais aussi (sous la contrainte) dessiner la douceur d'une fesse.
En plus elle est jolie et fusélé. Elle a quelques points de tatouages faits accidentellement, lorsque gamine je dessinais à l'encre de chine et à la plume sergent major des chevaux échevellés.
Elle se contracte pour porter ce sale panier plein de truc si lourds les doigts collés serrés crispés (le caddie c'est pour les mémés), elle coiffe des cheveux, carresse des joues glabres ou piquantes, épluches les carottes, remonte des culottes, tapotte le clavier, change les vitesses, zippe les bottes, effleure les tissus, flatte le poils des chiens, zappe, éponge avec dextérité, goûte l'eau du bain, scratche les couches, plie les pulls, blush mes joues, aggripe le cutter, gomme, dessine, peint, croque, crayonne, gribouille.

Elle méritait bien quelques lignes...qu'elle s'est écrites elle même.

Les feutre odorants



Ils y a une tripotée de gus, rémunérés pour inventer de nouveaux concept, et parmis eu il y en a une poignée
(ils n'ont pas enfants) qui ont inventé....
Le feutre qui sent bon
Je suis très remontée contre ces gens.
c'est moi aussi qui aurais du faire preuve d'imagination lorsque j'ai commis l'acte d'achat.

Une demie heure de silence sans disputes et dans jets de sang, un mercredi après midi pendant que je regardais Gossip girl en streaming, c'était complètement surnaturel aussi.





Le vieux croûton et le parking privé


Admettons que le jeudi soit le jour oû les enfoirés sortent pour prendre l'air.
Aujourd'hui j'avais oublié que c'était le jour des enfoirés (je croyais qu'on était mardi) et je me suis garée dans un parking d'immeuble où il n'y avait personne (l'immeuble est moche).
Au moment M où je rentrais dans mon automobile bleutée, un vieux monsieur, cheveux beiges, peau beige, blouson beige chaussures beiges, m'a accosté d'un bonjour agressif et m'a proprement pourri car je m'était garée en toute sérénité sur un parking privé.

Malgrés mon sentiment mitigé de culpabilité j'avais envie de lui casser les dents.
Mais c'est pas parce que j'ai un blouson de cuir noir (avec un aigle sur le dos) que je tape les vieux enfoirés.

-Je note votre plaque d'immatriculation a-t-il dit l'air important. La prochaine fois ce sera LA POLICE.
En notant, son crayon tremblait d'émotion sur son petit papier pourrit, d'avoir chopé une grosse vilaine délinquante comme moi.
Et puis le vieux poux procédurier a ensuite brandit son papelard comme un sabre-laser aux super pouvoirs.
Lassée de la fermer gentiment, j'ai dit:
-Monsieur, j'aimerai avoir autant de temps libre que vous pour emmerder les gens et je suis sure que dès que serais à la retraite j'aurais un plaisir immense a faire chier le monde comme vous le faite.

J'ai démarré sans faire rugir le moteur, proprement.
Il s'est mis à boitiller tout seul devant ma voiture avec son grand panier d'où sortait un poireau solitaire, en m'empêchant d'avancer. Je l'ai doublé - j'ai ouvert ma fenêtre, ça me démangeais, j'ai lancé :
-Dépêches-toi pépé, tu vas rater Motus !

Le poireau et la vieille semelle